BORDIGA (1889-1970): QUELQUES REPÈRES BIOGRAPHIQUES

 

Ι - De 1910 à 1930

 

 

 

Avant la guerre de 1914. C'est entre 1912 et 1914 que s'individualise le mouvement qui devait devenir 1a fraction abstentionniste. En fait depuis 1910 une certaine radicalisation s'était produite au sein du PSI (parti socialiste italien) fondé en 1892. En 1911 lors de 1a guerre coloniale en Tripolitaine, il y eut de grandes manifestations contre celle-ci et ce sont les jeunes qui effectuèrent les actions principales. Bordiga y participa activement.

 

C'est dans l'organisation des jeunes que Bordiga commença son activiqui fut d'emblée très intense. Le 02.04.1912, il fonde « Le cercle Karl Marx » et collabore à divers journaux et revues: La Voce journal de 1a section socialiste de Castellamare di Stabia, Utopia (où il publie Le socialisme à Naples et dans le Mezzogiorno), «L'Avanguardia » qu'il dirigera plus tard, en 1917 et Ι1 socialista à partir de 1914. En 1912, toujours, il prend position dans le débat sur 1a culture pour rejeter toute volond'instruire les ouvriers afin de les perfectionner et surtout pour faire subir aux jeunes un apprentissage culturel afin qu'ils puissent réellement militer. Ι1 proclamera, féroce: «c'est à un congrès de professeurs de proclamer 1a nécessité de l'étude et non à un congrès de socialistes.» En revanche il affirme, à plusieurs reprises, l'importance de 1a théorie. Dès cette époque s'affirme sa thèse sur le parti: forme d'organisation non immédiate de 1a classe et qui dépasse les limites sociologiques de celle-ci (des éléments exrieurs à elle peuvent être membres du parti). Ce qui donne originali au parti c'est sa position théorique qui lui permet d'avoir une intransigeance de pensée vis-à-vis de 1a classe dominante, le protège contre les mille piéges de l'idéologie régnante; dès cette période, aussi, il met au centre de sa définition du parti le concept de programme.

 

Ι1 s'élève en outre contre 1a démocratie:

« S'il y a donc une négation complète de la théorie de l'action démocratique, elle réside dans le socialisme. » ( Il socialista  des 12 et 16-07-1914). Cela conduira à 1a thèse abstentionniste. Ι1 s'élèvera tout d'abord contre le bloccardisme (tactique de faire des fronts avec d'autres formations politiques pour remporter des voix aux élections) qui est un précurseur du fameux front unique de 1a 3° Internationale.

 

08-10/07/1912. ΧΙΙΙème congrés du PSI à Reggio Emilia. Ι1 proclame l'expulsion des réformistes Bonomi, Bissolati, Cabrini, Ροdrecca, acquise grâce à 1a pression du courant de gauche et particulièrement à l'intervention de Bordίga et de Mussolini; se prononce contre toute autonomie du groupe parlementaire; engage 1a lutte contre 1a franc-maçonnerie. Sous l'impulsion directe de Bordiga  cette lutte reprendra au sein de l'Internationale communiste, en particulier contre 1a section française (P.C.F.) adhérèrent beaucoup de francs-maçons.

 

26-29/04/1914. XIVe congrès du PSI à Anne. Nouvelle condamnation de 1a franc-maçonnerie. Au cours du bat Mussolini intervient pour 1a fraction intransigeante (c'est ainsi que se délimitait alors le courant de gauche) :

 

« Le socialisme est un problème de classe. C'est même le seul, l'unique problême d'une unique, d'une seule classe, 1a classe prolétarienne. C'est seulement en ce sens que Marx a dit que le socialisme est aussi un problême humain: la classe prolétarienne représente toute l'humanité et avec son triomphe elle abolit les classes. Mais nous ne pouvons pas confondre notre humanitarisme avec l'action humanitaire élastique, vide, illogique, propre à la maçonnerie: »

 

Bordiga intervint au sujet de 1a question du Mezzogiorno contre 1a théorie de ceux qui affirmaient que cette région avait des particularités telles qu'elles imposaient 1a nécessi- en particulier vu 1a faiblesse du prolétariat- de constituer des blocs électoraux; il insista simultanément sur le fait que rejeter les blocs ne relevait aucunement d'une question morale.

 

« Le parti socialiste ne peut pas s'arrêter devant le cadavre d'une bourgeoisie impuissante qui se présente inerte en travers de notre route. Le parti socialiste a des fonctions et des directives précises à partir du moment il surgit jusqu'à son triomphe final, sans quoi il faillirait à sa  raison d’être.
                                                            

«La révolution de 1848 a eu un écho immédiat dans toute l'Europe. La propagande du parti socialiste pour l'internationale prolétarienne s'universalise aujourd'hui toujours plus, s'étendant à tout le monde habité en dépit de 1a disparité des conditions de milieu; et si nous renoncions à cette simultanéité historique du procès révolutionnaire, nous renoncerions à la principale raison d'être de notre parti. »

 

En conclusion il affirme 1a nécessid'une tactique unitaire qui doit s'efforcer: «d'encadrer les petites phalanges de l'armée socialiste méridionale dans les limites précises d'un programme de classe. Si la classe est en formation, ceci n'est pas une raison pour que nous devions détruire le peu qui s'est formé.

 

Mars 1914. Fondation de Il socialista  de Naples.

 

Juin 1914. « Semaine rouge », mouvement spontané du prolétariat italien, consécutive à 1a répression policière lors de meetings contre le militarisme.

 

Lors de 1a guerre de 1914, Bordiga est fermement opposé au mot d'ordre « ni adhérer, ni saboter »; le contenu de sa position est identique à celui de 1a formulation de Lénine: « transformer 1a guerre impérialiste en guerre civile ».

 

« ...Εn  réalité 1a bourgeoisie de tous les pays est également responsable du conflit, οu mieux encore, c'est le système ca­pitaliste qui en est responsable; par suite de ses exigences d'expansion économique i1 a engendré le système de la course aux armements et de 1a paix armée qui s'écroule aujourd'hui en se résolvant en une crise épouvantable. » (À notre poste, Avanti! 16/08/1914).  

 

« La possibilité et la fatalité de la guerre sont inhérentes à la constitution des États modernes qui, en régime de démocratie politique, maintiennent l'esclavage économique et étendent leur toute puissance, apparemment fondée sur le consensus de tous, à tel point qu'une poignée de ministres représentants de 1a classe dominante peut envoyer, en 24 heures sur 1a ligne de feu et de 1a mort, des millions d'hommes qui ne savent pas où ni pourquoi et contre qui ils sont envoyés: fait impressionnant qui rejoint le summum de 1a tyrannie arbitraire qui opprima au cours des siècles des multitudes humaines. (Le socialisme d'hier devant la guerre d'aujourd'hui, Avanguardia, 25-10, 1-11, 16-11 1914).

 

Bordiga dénonce l'hypocrisie des démocraties qui oublient qu'elles ont conduit des guerres pour subjuguer des peuples et conquérir des colonies.

 

24/01/191.5  La bourgeoisie et le principe des nationalités. (Avanti!)

 

« Point n'est besoin d'une démonstration compliquée pour montrer qu'au cours de l'histoire contemporaine et au cours des tragiques évènements d'aujourd'hui, c'est le fait État qui prévaut sur le fait Nation. Et nous socialistes nous voyons dans 1'État non le représentant de 1a collectivité des citoyens, mais l'institution conservatrice des privilèges des minorités capitalistes.

 

D'où, il rejette tout irrédentisme.

 

Mai 1915. Conférence du PSI à Bologne, au cours de laquelle fut soulevé le problème de l'action à développer contre 1a guerre. Bordiga est d'avis que c'est le parti qui doit conduire cette action et non les syndicats οu le groupe parlementaire (il s'agissait de faire une grève générale contre 1a mobilisation; l'Italie entrant en guerre aux côtés de 1a France). Dans Le fait accompli  du 23/05/1915, paru dans 1'Aνanti! , il rappelle les deux voies opposées:

 

« Οu à l'intérieur οu à l'extérieur d'une conception nationale et de l'ensemble des scrupules patriotiques. Οu vers un pseudosocialisme οu vers une nouvelle internationale.

 

1916. Bordiga se consacre à 1a constitution de l'organisation syndicale napolitaine. Au cours de cette année 1916, de grandes grèves se produisent à Naples auxquelles participent activement les socialistes de 1a fraction intransigeante.

 

Février 1917. Conférence de Rome (clandestine): La fraction intransigeante propose une action révolutionnaire pour faire cesser 1a guerre et proclame qu'elle ne peut pas déboucher sur la paix mais sur 1a révolution de classe.

 

E1917. Dans 1a circulaire du 23/08/1917 le concept et le sentiment de patrie sont rejetés comme: «incompatibles avec les principes néraux du socialisme (...) toute action socialiste devra se dérouler EXCLUSIVEMENT sur le terrain de la lutte de classe avec une tactique strictement et sincèrement révolutionnaire. »

 

Elle conclut que le XVème congrès du PSI devra proclamer: «le droit du prolétariat de tous les pays à instaurer sa propre dictature non dans l'intérêt d'une seule classe, mais pour le bien-être de toute la collectivité il devra diriger et coordonner les agitations à contenu révolutionnaire afin d'imposer 1a paix immédiate.

 

Octobre 1917. Luttes pour empécher que le groupe parlementaire ne fasse l'union sacrée (après 1e désastre de Caporetto afin de sauver la patrie) et ceci se poursuivra durant tout novembre.

 

13/10/1917. « Pour une discussion exhaustive» (Aνanti) il rappelle l'importance primaire de 1a théorie et fait cette formulation qui caractérise son invariance : «Un parti d'avant-garde doit «surveiller les faits», mais il ne peut pas dire: j'attends mon programme des évènements. Les évènements peuvent seulement lui suggérer 1a possibilid'agir plus οu moins intensément pour 1a réalisation du programme, qui est sa raison même d'exister. »

 

Au sujet de 1a révolution russe, si Bordiga ne 1'a pas prévue, il ne fut pas surpris par elle. D'entrée, sur 1a base des quelques reinseignements qui parvenaient jusqu'en Occident, il affirmera son accord avee 1a position des bolchéviks et pré­voira même certaines de leurs actions. Voici les articles les plus importants que Bordiga écrivit sur cette révolution: «La révolution russe » rie d'articles parus dans 1'Avanguardia  d'octobre à décembre 1917 où il fute 1a thèse selon laquelle le militarisme serait lié aux régimes politiques arriérés et montre qu'au contraire: l'armée démocratique est supérieure parce que justement: «1'État militaire le plus moderne est celui les ressources de l'industrie, du commerce et de l'administration, des finances sont les plus grandes et où les formes politiques s'épanouissent en démocratie ».

 

Au sujet du mouvement révolutionnaire il écrit: «D'autre part, les socialistes ne concevaient pas que 1’œuvre   de 1a révolution se limitât à 1a formation d'une Russie démocratique mais ils avaient toujours nourri l'idée d'intégrer le bouleversement politique avec le bouleversement social et de renverser le pouvoir autocratique pour instaurer non celui de la bourgeoisie, mais celui du prolétariat qui aurait procédé à l'abolition de 1a propriété privée de la terre et de l'industrie. »

 

02.12.1917. Tandis que Lénine triomphe, L'Aνanguardi:

 

« Et nous avons prévu qu'un jour viendrait où le conseil suprême des délégués des soldats et des ouvriers de toute la Russie, se débarassant du néralissime et premier ministre baladeur, aurait mis à sa place un homme capable de se rendre vraiment l'interprète des sentiments et de la volondu prolétariat triomphant. »

 

18/11/1917.  Réunion à Florence au cours de laquelle se renforce le noyau dléments qui devait produire 1a plate-forme de 1a gauche italienne (Bordiga in Histoire de 1a gauche communiste  1964). Bordiga proclame: «Il faut agir. Le prolétariat des usines est fatigué mais il est armé.»

 

Mai. 1918. Les directives marxistes de 1a nouvelle internationale .

 

« La nouvelle internationale sera donc le parti socialiste mondial, organisation collective de la classe travailleuse pour la conquête violente du pouvoir et l'exercice de celui-ci, pour 1a transformation de l'économie capitaliste en économie collective. Un semblable parti aspire à une « discipline » collective et consciente et il sera le milieu adéquat où se fera l'administration prolétarienne universelle future. »

 

« ...intransigeance tactique absolue et exclusion de tout accord, même temporaire, avec des classes et des partis bourgeois, quel que soit sa finalité, c'est-à-dire condamnation de tout bloc

 

Septembre 1918. XVème congrès du parti socialiste à Rome auquel Bordiga ne participa point; il était mobilisé. Les vraies questions furent escamotées; il y eut une rie d'accusations et de contre-accusations.

 

22/12/1918. Fondation de Il Soviet qui sera diripar Bordiga. Ce journal remplace « Ι1 socialista ». Au cours de l'année 1918 il y eut de grandes luttes ouvrières à Naples. La Bourse du travail de Naples naquit sous l'impulsion de 1a fraction intransigeante. Cette dernière acquit une audience importante dans toute 1a Campanie et même dans les provinces limitrophes, d'où 1a nécessité d'un nouveau journal qui soit vraiment 1'organe des luttes.

 

Décembre 1918. Conférence socialiste méridionale à Naples. La section de cette ville se prononce pour 1a dépendance complète du groupe parlementaire vis-à-vis du parti.

 

Bordiga étudie de façοn approfondie l'origine du réformisme et sa force sur le prolétariat. C'est pourquoi sa lutte ne sera plus uniquement dirigée contre le groupe parlementaire mais contre tout le parti socialiste dans 1a mesure où il est formiste.

 

23/02.1919. Première manifestation socialiste de 1'aprés-guerre. Elle se déroule à Naples; 1a police assaille les manifestants. Mars 1919. «La 3° Internationale est sur le point d'être créée. Il y à  son sujet une proposition formelle du gouvernement des Soviets (...) À ce propos la section socialiste de Naples a voté l'ordre du jour suivant: « La section socialiste de Naples invite la direction du parti à accepter intégralement 1a proposition du parti communiste russe à 1a constitution de 1a nouvelle internationale et à rompre tout rapport avec le BSI de Bruxelles . ( Il Soviet ).

 

22.03.1919. La direction du PSI vote par 20 voix contre 3 l'adhésion à 1'IC.

 

Au cours du printemps de grandes grèves et une agitation puissante ont lieu à Naples auxquelles participent activement les éléments de 1a fraction abstentionniste. Au sujet dé ces luttes Bordiga écrit: « L'action a été directe; les questions ont été traitées par des ouvriers authentiques et l'on n'a pas permis que l'agitation servît de prédestal à une quelconque exhibition personnelle. C'est ainsi que l'organisation conserve une physionomie de classe précise ». La signification de l'agitation. » Il Soviet. 30.03.1919).

 

La lutte du prolétariat se généralise à toute l'Italie durant le printemps et l'été 1919; elle atteint son maximum en juillet. On doit noter 1a forte participation des ouvriers agricoles.

 

En mars 1919 le parti fasciste avait été créé et le 15 avril se produisirent à Milan les premiers heurts entre ouvriers et bandes fascistes.

 

Avril 1919. Congrès régional de 1a Campanie: discussion sur lé programme du parti; triomphe des thèses abstentionnistes qui sont aussi acceptées par les sections de Calabre et des Pouilles ainsi quFlorence, à Turin, à Novara; les abstentionnistes sont en minori ά Milan, Bologne, Rome.

 

Mai 1919. Première parution de 1'Ordine Nuovo diripar Gramsci.

 

06.07.1919. Congrès à Rome de 1a fraction abstentionniste qui prépare son programme qui sera publié dans  Ι1 Soviet  le 13.07.1919.

C'est au cours de cette année 1919 que nait réellement 1a fraction abstentionniste. La lutte contre le réformisme amena Bordiga à 1a conclusion qu'il était lié en grande partie à l’illusion démocratique (dont Marx et Engels n’avaient pas été épargnés). Ceci apparaissait clairement lors de l’approche des élections. Le PSI voulait monnayer auprès des masses sa non-participation à 1a guerre et ne pas poser 1a question de 1a révolution, Citons les articles les plus importants à ce propos:

 

Illusions électionnistes 09/02/1919. Contre l'intervention dans les batailles électorales 16/02/1919. Élection οu conquête révolutionnaire du pouvoir. Contre le préjuélectionniste 23/02/1919.

 

Bordiga et les abstentionnistes refusaient également le mot d'ordre de l'unité prolétarienne. «L'erreur de l'unité prolétarienne» 01/06/1919. «Le front unique révolutionnaire » 15/06/1919.

 

C'est donc à cette époque que se fait 1a vraie coupure avec 1a majoridu parti; 1a décision de faire 1a scission est prise depuis le début de 1919.

 

20-21/07/1919. Grève générale de solidaripour les républiques soviétiques de Russie et de Hongrie. Le PSI avait pris position en faveur de cette grève lors de sa conférence du 3.07.1919. La fraction abstentionniste critique l'aspect purement demonstratif que le parti voulait donner à cette grève. Celle-ci se solda, à l'échelle internationale, par un échec; 1a France et l'Angleterre l'ayant sabotée.

 

04.10.1919. XVIe congrès du PSI à Bologne. La fraction abstentionniste demande le changement de programme du parti, lequel doit adhérer à l'IC et s'appeler parti communiste et, surtout: « déclare incompatible la présence dans le parti de ceux qui proclament la possibilide l'émancipation du prolétariat dans le cadre du régime démocratique et répudient la méthode de la lutte armée contre la bourgeoisie pour l'instauration de la dictature prolétarienne ». (Motion de la fraction abstentionniste.)

 

 La dissolution de l'Assemblée Constituante fit croire à Bordiga que les bolcheviks avaient effectivement une position antiparlementaire; d'où son affirmation qui montre son illusion:

 

« Voilà pourquoi nous, disciples de la 3° Internationale, croyons que la tactique de l’abstention de toute action parlementaire doit être suivie par les partis qui adhèrent à Moscou, afin de ne pas retomber dans le mensonge de la 2° Internationale au sein de laquelle se retrouvaient, dans un même congrès; accueillis avec la même hospitalité, des méthodes et des tendances les plus diverses. »

 

Pour Bordiga le point essentiel était la lutte contre les réformistes et, si possible, créer la scission. Dans le but de réaliser cette dernière, il proposa même aux autres courants de gauche du PSI de retirer le préalable de l'abstentionnisme. Mais la volonunitaire l'emporta.

 

En fait la fraction abstentionniste subit un échec à Bologne; les réformistes ne sont pas expulsés; la fraction abandonne la perspective immédiate de la scission; Bordiga opère un certain recul par rapport à ses positions antérieures. Toutefois la fraction abstentionniste se constitue en fraction autonome à l'intérieur du parti et a pour organe officiel Ιl Soviet.

 

l0.l0.l9l9. Lettre de la fraction communiste abstentionniste du parti socialiste italien au comide Moscou de la 3° interna­tionale. Elle synthétise parfaitement les positions de Bordiga de cette époque:

 

«Nous autres camarades de toute l'Italie nous nous orienmes vers l'abstentionnisme électoral que nous avons soutenu au congrès de Bologne. Nous désirons qu'il apparaisse clairement qu'au congrès nous nous sommes séparés de tout le reste du parti sur la question électorale mais aussi sur la question de la scission du parti. »

 

«La constitution d'un parti purement communiste ne sera pas possible si l'on ne renonce pas à l'action électorale et parlementaire. »

 

« A propos de la tactique et particulièrement en ce qui con­cerne la constitution de soviets, il nous semble qu'on est en train, même parmi nos amis, de commettre des erreurs. Il y a le péril qu'on limite tout à une modification réformiste des syndicats. On travaille, en fait, comme à Turin, à la constitution de comités de fabrique en réunissant tous les commissaires d'une industrie donnée (métallurgie) qui prennent la direction du syndicat professionnel en désignant le comité exécutif. »

 

« On reste ainsi en dehors des fonctions politiques des conseils ouvriers auxquels il faudrait préparer le prolétariat, bien que, selon nous, le problème le plus important soit celui d'organiser un puissant parti de classe (parti communiste) qui prépare la conquête insurrectionnelle du pouvoir des mains du gouvernement bourgeois. »

 

Cette lettre ne parvint jamais à destination parce qu'elle fut interceptée par la police.

 

ll:0l.l920. Bordiga écrit une autre lettre au même destina­taire qui semble être arrivée à bon port.

 

Mars l920. Premières occupations d'usines à Turin. Bordiga écrit dans Ιl Soviet  :

 

« On a excessivement surestimé à Turin le probme du contrôle, en le concevant comme une conquête directe que le prolétariat, grâce au nouveau type d'organisation par entreprise, peut arracher à la classe industrielle, en réalisant ainsi un postulat économique communiste; réalisant une étape révolutionnaire avant même la conquête politique du pouvoir, dont le parti est l'organe spécifique. »

 

A Turin les dirigeants du mouvement avaient enprun « une fausse voie: poser la question du pouvoir dans l'entreprise au lieu de poser la question du pouvoir politique central." (La grève de Turin, Ιl Soviet. 0.2.05.l920)

 

Mai l920. Lénine publie « La maladie infantile du communisme: Le gauchisme») les thèses de Bordiga sont condamnées.

 

08-09/05/l920. Conférence nationale de la fraction communiste abstentionniste à laquelle Gramsci participa, en tant qu'observateur. Ιl s'éleva contre l'abstentionnisme.

 

Juillet l920. Bordiga participe au 2° congrès de l'Internationale. Avant de se rendre à Moscou, il prend contact avec tous les groupes de gauche occidentaux, aussi bien à Berlin qu'à Copenhague. Ιl est très intéressant de noter qu'il y a, à cette époque, une certaine convergence entre différents cou­rants tendant à dépasser la démocratie, et « Ιl Soviet » s'en fait l'écho. On trouve dans ce journal des articles de Lukacs (« Pour la question du parlementarisme »), GorterLa victoire du marxisme »), S. Pankhurst Pensée et action communistes dans la 3° Internationale »), PannekoekLe développement de la révolution mondiale et la tactique du communisme », pas en entier toutefois) etc.

 

Bordiga prend position en faveur des conditions d'admission à l'IC; sous son impulsion deux autres furent ajoutées (aux l9 initiales proposées par Lénine) en particulier la 2l° qui devait soulever tant de polémiques. En revanche il s'oppose aux bolchéviks sur la question du parlementarisme; il expose ses thèses et les défend dans un important discours dans lequel il se délimite de ceux qui refusaient de participer aux syndicats (les kapédistes en particulier).

 

« Et maintenant deux mots sur les arguments présentés par Lénine dans la brochure sur le « Communisme de gauche s. Je crois que l'on ne peut pas juger notre tactique antiparlementaire de la même manière que celle qui préconise la sortie des syndicats. Le syndicat même lorsqu'il est corrompu, est toujours un centre ouvrier. Sortir du syndicat social-démocrate correspond à la conception de certains syndicalistes qui voudraient constituer des organes de lutte révolutionnaire de type non-politique, mais syndical. Du point de vue marxiste ceci est une erreur qui n' a rien de commun avec les arguments sur lesquels s'appuie notre anti-parlementarisme. Les thèses du rapporteur déclarent du reste que si la question parlementaire, est secondaire pour le mouvement communiste, celle des syndicats ne l'est pas autant. »

 

« Je ferai seulement observer qu'un mouvement marxiste dans les pays démocratiques occidentaux exige une tactique beaucoup plus directe que celle qui a été nécessaire à la révolution russe ».

 

Septembre l920. Première réunion de la fraction abstentionniste du PSI à Florence. Ιl y est proclamé que l'adhésion du PSI à la 3° Internationale est irrégulière, qu'il faut consacrer toutes les énergies à la formation d'un parti communiste et susciter une fraction abstentionniste mondiale au sein de l'internationale. Octobre l920. Réunion à Milan des divers courants de gau­che du PSI lectionnistes et abstentionnistes); publication d'un manifeste-programme (signé par Bombacci, Bordiga, Fortichiari, Gramsci, Misiano, Ροlanο, Terracini). Le point e:« Participation aux élections politiques et administratives avec un caractère opposé à la vieille pratique socialdémocrate et dans le but de développer la propagande et l'agitation révolutionnaire, d'accélérer la désagrégation des organes bourgeois de la démocratie représentative. »

montrait qu'il y avait eu compromis!

 

28-29/11/l920. Conférence nationale de la fraction communiste  du PSI à Imola. Cette fraction résultait de l’union de divers courants communistes comme l'Ordine nuovo » de Gramsci, la fraction abstentionniste et des groupes moins importants dont faisaient partie des hommes comme Fortichiari et Repossi. Cette union ne fut possible que parce que Bordiga avait abandonné le préalable de l'abstentionnisme. Ce qui ne veut pas dire qu'il ait pleinement accepté le mécanisme démocratique. Dans Il comunista du l9 décembre l920, il écrit: «Antidémocratiques même en cela, nous ne pouvons pas accepter comme ultima ratio l'expression arithmétique de la consultation d'un parti qui n'est pas un parti... La constitution d'un parti communiste en Italie ne sera pas jugée en dernière instance par la majorité d'un congrès national ( ... ) si nous sommes en minorité nous ne pourrons subir ni la situation d'un parti dirigé par les unitaires ni celle d'une direction où nous nous retrouverions avec eux. Notre tâche en tant que fraction est finie. ( ... ) Surgit de façon évidente la solution logique, courageuse, et tactiquement parfaite de la sortie immédiate du parti et du congrès, à peine le vote nous aura-t-il,mis en minorité. »

 

Ce qui anticipait sur les évènements de Livourne.

Janvier l92l. Congrès de Livourne (le XVIIème du PSI):scission et formation du parti communiste italien. Le discours de Bordiga est dirigé contre l'illusion démocratique et constitue un plaidoyer pour la dictature du prolétariat.

 

En dépit de sa naissance à partir d'une scission réputée et définie à gauche, le PC d'I est le produit d'un compromis entre les abstentionnistes, les ordinovistes et les communistes unitaires (Bombacci, Graziadei) qui conservaient beaucoup de nostalgies démocratiques.

 

l4.04.2l. Bordiga écrit dans Il Comunista

« La centralisation est la base de notre méthode théorique et pratique en tant que marxiste le suis d'abord centraliste ensuite seulement abstentionniste.

 

15.04.1921.  Parti et classe 

 

« La classe dérive d'une homogénéité de conditions économiques qui nous apparaît comme le moteur premier de la tendance à dépasser et à détruire le système productif actuel! Pour assumer cette tâche grandiose, elle doit avoir sa propre pensée, sa propre méthode de critique, une volonté propre qui tende à ces réalisations que la recherche et la critique ont définies, sa propre organisation de combat qui en canalise avec le meilleur rendement les efforts et les sacrifices. C'est dans tout cela que réside le parti ».

 

3l.05.l92l. « Parti et action de classe » in Rassegna comunista (comme le précédent; cette revue fut créée en mars l92l), est un article qui, comme celui qui précède, polémique avec l'internationale qui est lancée dans son pathos du parti de masse.

 

« Nous n'avons donc pas à être pour de « grands » οu «petits » partis. Nous n'avons pas à bouleverser toutes les bases sur lesquelles certains partis sont fondés sous prétexte qu'ils ne sont pas des « partis de masse ». Tout au contraire, les partis communistes doivent partout se constituer sur des bases organisationnelles, programmatiques et tactiques saines, c'est-à-dire sur les résultats des plus hautes expériences révolutionnaires de la lutte internationale. »

 

«On ne crée ni les partis, ni les révolutions. On dirige les partis et les révolutions à la lumière de toutes les expériences révolutionnaires utiles qui ont été faites à l'échelle internationale afin d'assurer le maximum de chances de victoire au prolétariat dans la bataille qui est l'aboutissant inévitable de l'époque historique que nous vivons. Telle nous semble être la conclusion. »

 

«Ιl nous semble qu'il existe deux déviations « opportunistes» de la voie juste. La première consiste à déduire la nature et les caractères du parti de l'existence οu inexistence, dans une situation donnée, de possibilités de regrouper des forces nombreuses - ce qui revient à se laisser dicter les règles d'organisation du parti par les situations, pour lui donner de l'extérieur une constitution différente de celle à laquelle celles-ci l'ont conduit, La seconde consiste à croire qu condition d'être numériquement fort et d'avoir une préparation militaire, un parti puisse déterminer les situations révolutionnaires en donnant l'ordre d'attaquer - ce qui revient à prétendre que la volondu parti crée les situations historiques. »

 

30.06.l92l. Moscou et la question italienne (in Rassegna comunista). Bordiga défend la scission, effectuée à Livourne, attaquée par Lévi, Clara Zetkin, en Allemagne, et s'insurge con­tre les propositions, qui s'élèvent déjà, de faire un parti com­muniste unifié (comme en Allemagne) en regroupant le PCdet les maximalistes du PSI.
 

Bordiga reviendra sur cet arguement après le 3° congrès de l'IC.

 

22.06-12.07/1921. 3° Congrès de l'Internationale qui est dominé par deux questions essentielles: la question allemande (appréciation de l'action de mars; rapports avec le kAPD, parti communiste ouvrier d'Allemagne) et la question italienne (validité de la scission de Livourne). Elles domineront d'ailleurs les débats des congrès, jusqu'en l926 et seront liées aux principales voltes tactiques, front unique, gouvernement ouvrier, gou­vernement ouvrier et paysan. Bordiga n'est pas présent. C'est Terracini qui expose les positions du PCd'Ι. Bordiga reprochera ulrieurement à ce dernier d'avoir soutenu «l'action violente directe et frontale», donnant implicitement raison à Lénine, pour sa diatribe contre Terracini.

 

Le congrès se solde par la défaite du mouvement de gauche à l'échelle mondiale. La théorie du front unique commence à poindre et sera exposée quelques mois plus tard.

 

28.02.1922. Le principe démocratique ( in Rassegna comunista). Après la polémique au sujet du parti à laquelleest liée ensuite celle sur le front unique que Bordiga repousse (il n’accepte le front unique qu’à la base, au niveau des syndicats), se développe maintenant la polémique au sujet de la démocratie.

 

« …le principe démocratique n’a aucune vertu intrinsèque (…) il ne vaut aucunement en soi en tant que principe, étant donné qu’il n’est plutôt qu’un simple mécanisme d’organisation… ».

 

« Jusqu’à maintenant, le critère démocratique est, pour nous, un élément matériel accidentel pour la construction de notre organisation interne et pour la formulation des statuts du parti. Il n’est est pas la plate-forme indispensable. Voilà pourquoi nous n’érigerons pas en principe la formule organisationnelle connue de « centralisme démocratique ». La démocratie ne peut pas être pour nous un principe. Le centralisme en est un, indubitablement, puisque les caractères essentiels de l’organisation du parti doivent  être l’unité de structure et de mouvement. Pour indiquer la continuité dans le temps, c’est-à-dire dans le but auquel on tend et dans la direction dans la quelle on doit surmonter les obstacles successifs, et pour relier ainsi les deux concepts d’unité, nous proposerons de dire que le parti communiste fonde son organisation sur le « centralisme organique ».

 

20-24/03/1922. Deuxième congrès du PC d’I. à Rome .Bordiga présente les thèses sur la tactique

 

06/04/l922, Bordiga participe à la réunion des trois internationales (II plus, II et demi, plus III) à, Berlin qui devait préparer l’unification des trois organisations, qui ne se réalisa pas.

Juin l922. Bordiga est représentant de l'Internationale au congrès du PCF à Marseille.

 

3l.07,l922. Formation de L'alliance du travail entre cinq organisations syndicales. Ce fut un pas « vers la réalisation du front unique dont les communistes sont donc ici les artisans. »

 

Contre les attaques fascistes les grèves éclatent. En août on a la grande grève générale. Les fascistes exercent des représailles sur les ouvriers. Ceux-ci résistent fortement à Gènes, Milan et Parme. L’armée devra intervenir pour briser leur résistance.

 

Dans le compte-rendu sur l'œuvre du P.C.d'I. entre le 30 et le 40 congrès se trouve l'historique de L'Alliance du travail , le rejet du mot d'ordre d’un gouvernement ouvrier ainsi que le refus de l’aide des Arditi del popolo (la question s’était déjà posée en l92l, lors de la formation de ce groupe paramilitaire regroupant des éléments d'origines diverses, des provocateurs selon les communistes de l'époque)

.

30.09.l922. Les rapports de forces sociales et politiques en Italie in Rassegna; l‘article ne fut jamais terminé). «Nous ne croyons pas plus à l'antithèse démocratie fascisme que nous ne crûmes à l'antithèse entre la démocratie et le militarisme. »

 

28.l0.l922. Mussolini accomplit la marche sur Rome (en wagon-lit) Le roi le charge de former un ministère composé de fascistes et, de sympathisants.

 

05.11-05.12/1922. 40 Congrès de l’IC. Bordiga bien qu'opposé à la fusion entre le PC d’I. et le PSI, qui a expulsé son aile droite, accepte de se soumettre à la volonté de l'Internationale (la fusion n’aura pas lieu à cause de l'opposition de Nenni!). Dans son discours il déclara: «Nous affirmons que le danger de voir le front unique générer en un révisionnisme communiste est bien réel... »

 

Il s'élève à nouveau contre le mot d'ordre de gouvernement ouvrier : « On pourra dire que le gouvernement ouvrier n'est 'pas ce que nous supposons; mais je dois observer que j'ai entendu expliquer plusieurs fois ce que le gouvernement ouvrier n'est pas, mais que j'attends encore que Zinoviev οu d'autres nous disent ce qu'il est. »

 

Puis il aborda le fonctionnement de l'IC. « On ne peut les trouver (les garanties de la discipline. n.d. r.) que dans la définition précise des limites à l'intérieur desquelles nos méthodes d'action doivent être dans la définition précise des proιrammes, dés résolutions tactiques fondamentales et des mesures d’organisation. La révolution russe a fourni au .mouvement révolutionnaire international les bases du rétablissement de sa doctrine et de son organisation de, combat; c'est là un bénéfice inestimable et qui produira, ultérieurement, ses effets dans la mesure le lien entre la révolution russe et le mouvement prolétarien international ne sera pas coupé.»

 

Ιl fit d'autre part un rapport sur le fascisme: « La genèse du fascisme doit, selon nous, être attribuée à trois facteurs:l'Etat, la grande bourgeoisie et les classes moyennes. »

 

« Le fascisme incarne la lutte contre-révolutionnaire de tous les éléments bourgeois unis; pour ce faire, il ne lui est pas du tout nécessaire et indispensable de remplacer les institutions démocratiques. »

 

« Ce qu'il y a de neuf dans le fascisme réside dans l'organisation du parti bourgeois de gouvernement. »

 

« À notre avis; le fascisme est un moyen de renforcer le pouvoir par tous les moyens de la classe dominante, non sans mettre à profit les enseignements de la première révolution prolétarienne victorieuse, la révolution russe. »

 

17.01.1923. Moscou et Rome (in Ιl lavoratore ).

« Nous avons soutenu depuis longtemps qu'il y a un point de contact entre fascisme et réformisme»

 

Février l923. Bordiga est arrêté. Toglia.ttί, secondé par Terracini, le remplace à la tête du parti. Pendant un certain temps ils défendront les positions de Bordίga, puis ils basculeront dans le «camp de l'Internationale». La divergence entre Bordiga et cette dernière devient de plus en plus nette. Bordiga rédigea un manifeste A tous les camarades du PCd qui devait faire rupture avec l'IC. Mais étant donné qu'il ne fut pas soutenu par les autres membres du comiéxécutif, il ne le publia pas. C'est à partir de ce moment que Gramsci prend la décision de fonder un groupe centriste sur les positions de l'internationale.

 

Octobre l923. Procès des membres du PCd'Ι arrêtés au début de l'année. Bordiga réfute facilement les accusations. Il est acquitté le 26 du même mois. Ιl refuse de reprendre son poste au comité exécutif, de même que, plus tard (l924), il refusera d'être nommé vice-president de l'IC.

 

l924. Bordiga fonde la revue « Prometeo »; il y consacre la majeure partie de son activité. Les articles les plus importants sont Le mouvement de d'Annunzio (n° l et 2). Lénine sur le chemin de la révolution (n° 3).

« Nous considérons tout d'abord son œuvre  comme restaurateur de la doctrine philosophique du marxisme οu, pour mieux dire, de la conceptionnérale de la nature et de la société appartenant au système de connaissances théoriques du prolétariat révolutionnaire: celui-ci n'a pas seulement besoin, en effet; d'une opinion sur les problèmes de l'économie et de la politique, il lui faut prendre position sur un ensemble de questions plus vastes... »

 

«Il n'y a aucune raison de principe pour qu'on écrive dans nos statuts chef ou « comide chefs"; de ces prémisses découle une solution marxiste de la question du choix: ce choix, qui fera plus pour l'avenir que toute l'histoire dynamique du mouvement, ne peut pas être réduit à une banale consultation électorale. Nous préférons ne pas inscrire le mot chef dans la règle organisationnelle parce que nous n'aurons pas toujours dans nos rangs une individualité de la force d'un Marx ou d'un Lénine. Si l'homme, l'« instrument » exceptionnel existe, le mouvement l'utilise; mais il peut tout aussi bien vivre s'il n'existe pas. Notre théorie du chef est bien loin des stupidités qui servent, aux théologies et aux politiques officielles, à démontrer la nécessides pontifes, des rois, des « premiers citoyens », des dictateurs et des Duce, pauvres marionnettes qui s'illusionnent faire l'histoire. »
 

Le communisme et la question nationale (n° 4). Dans cet article, Bordiga s'élève contre la position de Radek, au sujet de l'Allemagne, qui pense que le mouvement nationaliste, suscipar l'intervention des troupes françaises dans la Rhur en l923 et qui s'oppose aux conditions imposées par le traide Versailles, est un mouvement révolutionnaire!

 

Organisation et discipline communiste (n° 5).

« Notre opinion sur ce problème est qu'on ne peut pas résoudre la question de l'organisation et de la discipline au sein du mouvement communiste sans la relier aux questions de théorie, de programme et de tactique. »

 

 « En résumé, il faut étudier la question de la discipline et l'organisation en tenant compte de la véritable nature histo­rique du parti qui est une organisation exprimant la tendance de toutes les luttes sociales particulières à s'unifier dans un but commun, une organisation à laquelle on adhère volontairement. En résumant ainsi notre thèse, nous croyons être fidèles à la dialectique: l'action que le parti mène et la tactique qu'il applique, c'est-à-dire la façon dont il agit à l'extérieur ont une influence sur son organisation et sa vie inrieure. Quiconque prétend au nom d'une discipline illimitée, disposer du parti pour toute action, toute tactique, toute manceuvre quelles qu'elles soient c'est-à-dire sans limites définies et connues de tous les militants, compromet fatalement l'organisation. »

 

Février l924. Bordiga refuse de se présenter aux élections.

« Je ne serai jamais député et plus vite vous ferez vos projets sans moi et moins vous perdrez de temps et de peine.» répond-il à la direction du parti.

 

Mai 1924. Conférence de Côme. Bordiga rejette une fois de plus le front unique, le gouvernement ouvrier, la fusion avec le PSI. De son côté Gramsci et tout el groupe centriste ainsi que la droite (d’accord sur ce point) commencent une virulente campagne contre les thèses de Rome qu’ils considèrent comme l’obstacle au développement du parti de masse ; ce serait à cause de ces thèses que le PCd’I. serait minoritaire, sectaire, etc. Dans la motion de la gauche signée par Bordiga, Fortichiari, Grieco, Repossi, il est dit : « L’internationale cessera d’avoir des fractions quand elle obéira à des critères de solidité et de continuité politiques, c’est-à-dire interdira les organisations locales doubles et les fusions, refusera de confier à de nouveaux adhérents des postes de direction importants à la suite de négociations et de compromis et au, mépris des garanties statutaires, repoussant les blocs politiques et les agitations pour les revendications confuses et qui peuvent entrer en contradiction avec notre programme, comme par exemple le gouvernement ouvrier; etc. Si l'internationale menaçait d'évoluer dans la direction opposée, la formation d'une opposition internationale de gauche deviendrait une nécessité absolue du point de vue révolutionnaire et communiste ».

 

Les thèses de la gauche l'emportent largement lors de la consultation finale.

 

Juin .1924. Ve congrès de l'IC. Bordiga y est présent. Ιl s'oppose au projet de fusion de l'internationale syndicale rouge avec l'Internationale d'Amsterdam: il critique la boichévisatίon; le mot d'ordre de gouvernement ouvrier.

« Je demande simplement un enterrement de troisième classe et pour la tactique et pour le rϊot d'ordre du gouvernement ouvrier. Mais on nous dit: vous êtes déei!Ιύnιeτat insatiables! L'internationale νa à gauche et vn)us n'êtes pas encore contents. Et bien, admettons que l'internationale aille à gauche; niais si le me réfère à mon discours du IVe congrès, je note qu'alors je critiquai préciment cette tendance de la direction de l'internationale'à aller à droite οu à gauche selon les indications de la situation οu selon l'interprétation que l'on croyait donner du développement des évènements. »

 

Bordiga présente à nouveau un rapport sur le fascisme. Il insiste sur le fait que celui-ci n'apporte rien sur le plan de l'idéologie, mais beaucoup sur le plan de l'organisation. Ce qu'il avait déjà expliqué auparavant: « sa formule de constitution est tout organisation, pas d'idéologie; de même que, en correspondance dialectique, celle du parti libéral est: tout idéologie, pas d'organisation. »

 

Juin l924. Assassinat du député socialiste Matteotti[1]. Les députés socialistes et communistes refusent de sièger au parlement avec les fascistes et se retirent sur l'Aventin (anti-parlement.) Bordiga, qui est encore à Moscou, est tout à fait opposé à cette action. Pour lui, on aurait perdu une occasion unique de faire du parlementarisme révolutionnaire. Les députés auraient dû, de la tribune du parlement, appeler, le prolétariat à la iutte armée contre le fascisme.

 

Un compromis interviendra entre le point de vue de Bordiga et celui du centre (Gramsci, Togliatti, etc.) ; quelques députés reviendront au parlement lire une déclaration contre le gouvernement.

 

La gauche présente aussi un plan d'action pour le parti.

 

Octobre l924. Congrès fédéral de Naples (clandestin) au cours duquel se déroula une lutté très dure entre Bordiga et le groupe dirigeant du PCd'Ι. Bordiga déclara: « Le traditionnel bloc des différents partis est l'alibi derrière lequel les chefs de ces partis cachent leur sottise et leur incapacité. Il existe une troisième voie: porter les masses sur des positions de lutte, qui puissent apporter un progrès mais qui ne doivent pas obligatoirement consister en la victoire finale. » A partir de ce moment-là le heurt à l'intérieur du parti devait aller en s'amplifiant.

 

l925. C'est l'année de la bolchévisation qui parviendra à détruire l'influence de la gauche sur le prolétariat, et le PCI prendra son visage d'aujourd'hui. C'est aussi l'année où commence la dictature ouverte de Mussolini.

 

22.03.1925. La fonction historique des classes moyennes et de l'intelligence. Conférence tenue par Bordiga à Milan.

 

04.07.l925. La question Trotsky (in Unίtà ). Cet article était rédidepuis le 08.02.l925, mais la direction refusait de le publier. Bordiga prend la défense de Trotsky sans identifier sa position à celle du leader russe. Ιl semble d'ailleurs regretter que celui-ci n'ait pas voulu créer une fraction et il ajoute : « On pouvait attendre autre chose d'un homme qui est parmi les plus dignes de rester à la tête du parti révolutionnaire.

 

04.07.l925.Le danger d'opportunisme et l'internationale. Cet article fait la synthèse des critiques de Bordiga à l'Internationale. « Nous croyons en la possibilipour l'Internationale de choir dans l'opportunisme. »

 

«La critique sans l'erreur est mille fois moins nuisible que l'erreur sans la critique. »

 

 Les garanties contre l'opportunisme ne peuvent résider dans le passé mais doivent être, à chaque instant, présentes et effectives. »

 

Bordiga considère le terme de léninisme superfétatoire. De plus: «Nous estimons la méthode tactique de Lénine incomplétemeτιt exacte, en ce qu'elle ne comporte pas de garanties contre les possibilités d'application qui, en étant superficiellement fidèles, perdent la finali révolutionnaire profonde qui anima toujours tout ce que Lénine soutint et fit. »

 

Avril-juillet l925. Le Comité d'Entente.

« La création du Comid'Entente (...) était l'unique moyen pour pallier les inconvénients créés par leur méthode de diriger le parti et pour orienter de la façon la moins dangereuse les réactions de la périphérie contre les systèmes du centre. »

 

(Bordiga dans sa lettre sur l'initiative du Comid'entente, publiée dans l'Uni » du 02.07.l925).

 

Ce Comidevait avoir pour organe le journal de Cosenza L'Operaio. Ιl dut se dissoudre sous peine d'exclusion de la part de l'exécutif de l’I.C.

 

Fin l925, se développe le débat préparatoire au congrés de Lyon. Bordiga réaffirme 3 points fondamentaux de sa position.

 

- Le parti est un organe de la classe.

 

- Il repousse la bolchévisation et l'organisation du parti sur la base des cellules d'entreprise, qui se prêtent bien à « la dictature commode des bureaucrates ».

 

« Avec la bolchévisation on cherche à résoudre des questions qui sont politiques avec des formules de caractère organisationnel. »

 

- Les fractions sont un mal, mais elles naissent du fait même de l'action du groupe dirigeant et ceci est vrai aussi en ce qui concerne l'Internationale.

 

D'autre part, il dénonce l'illusion démocratique (ceci se retrouve, au fond, dans les autres points) contre laquelle le groupe dirigeant à été incapable de lutter.

 

20-26/01/1926. Troisième congrès du PCd'Ι. à Lyon.

 

La bolchévisation a porté ses fruits et les thèses du groupe dirigeant (Gramsci, Togliatti, etc.) l'emportent. Les thèses de la gauche sont un résumé de toutes les positions de Bordiga. Au sujet de la question russe, la théorie de la construction du socialisme en un seul pays, est condamnée.

 

Le troisième congrès marque la défaite définitive de la gauche.

 

Février-mars 1926. VIe plénum de l'exécutif élargi à Moscou. C'est la dernière fois que Bordiga participe à une réunion de l'IC. Ses interventions marquent une nette rupture avec cette dernière. Lors de la discussion préliminaire avec les autres délégués de la section italienne; il déclara:

 

« Etant donné qu'il présentera d'autres thèses, il n' a rien à dire (au sujet des thèses présentées par le centre international, n.d.r.) ; mais s'ils veulent, il peut préciser sa pensée en particulïer en ce qui concerne la Russie. Si on pose le problème: οίι νa la Russie? quels sont les caractères et le développement de son économie? Ιl y a deux possibilités: que la Russie procède vers le socialisme ou qu'elle s'arrête au cours de ce procès. Pour déterminer ces possibilités l'Internationale communiste à une tâche à accomplir et les différentes sections peuvent et doivent intervenir. »

 

Bordiga refusa donc de discuter les thèses et se retira.

 

Il se heurta violemment à Staline à qui il demanda s'il considérait que le développement de la situation et des problèmes internes du parti russe était lié au développement du mouvement prolétarien international. Puis, qu'est-ce qu'il arrivera en Russie si la révolution en Europe tarde à venir? enfin, pour défendre Trotsky avec qui il avait eu de longs entretiens avant le débat il demanda à Stalίne s'il n'avait pas été quelquefois en désaccord avec Lénine. Staline répondit oui. Cependant, après la réunion, il fit prévenir Bordiga qu'une telle attitude de sa part ne pourrait que provoquer un renforcement de la répression contre l'opposition de gauche en URSS. Dés lors plus rien n'était possible au sein de l'Internationale.

 

Dans son discours, Bordiga aborda les principales questions.

 

Le front unique.

 « Je ne suis pas contre la conception du ΙΙΙe  congrès sur la nécesside la conquête des masses, comme condition de l'offensive finale, mais je remarque que dans une telle conception, c'est-à-dire dans le sens du IIIe congrès, ne se trouve pas encore complètement l'idée de la tactique du front unique: celle-ci correspond à une position de défensive, créée par l'offensive du capital, contre laquelle on cherche à grouper tous les travailleurs sur la base des revendications immédiates ».

 

La bolchévisation.

«Je passe maintenant à la bolchévisation, et j'affirme que son bilan est défavorable à tous les points de vue ».

 

 «En l925, on déclare que toute l'organisation des sections de l'internationale est, fausse, qu'on n'a pas encore appliqué l'A.B.C. des principes d'organisation, C'est étrange qu'on ne s'en soit pas aperçu auparavant. Huit ans après la victoire de la révolution en Russie, οu vient nous dire: tes autres partis sont impuissants parce qu'ils ne sont pas organisés sur la base des cellules d'usine. Or Marx et, Lénine sont là pour nous montrer que l'organisation n'est pas tout dans la lutte révolutionnaire. Pour résoudre le problème de la révolution, il ne suffit pas de donner une formule d'organisation. Ce sont des problèmes de forces et, non pas de formes qui se présentent devant nous ».

Le fonctionnement des partis.

 

« On pratique, ces temps derniers, dans les partis, un sport qui consiste à frapper, intervenir, briser, servir, et dans ce cas, ce sont souvent de très bons révolutionnaires qui sont frappés ».

 

« Il faut que les sanctions soient exceptionnelles et non une règle, un sport, un idéal pour les dirigeants du parti. Voilà ce qu'il faut changer si nous voulons former un bloc solide ».

 

Les fractions.

 

 "Y a-t-il un exemple historique prouvant qu'un camarade ait formé une fraction pour s'amuser? Cela n'est jamais arrivé. L'expérience nous démontre que l'opportuniste pénètre parmi nous, toujours sous l'aspect de l'unité. Au reste, l'histoire des fractions nous prouve que si les fractions ne font pas honneur aux partis clans lesquels elles se sont formées, elles font honneur à ceux qui les ont formées. L'histoire des fractions, c'est l'histoire de Lénine. »

 

Le parti russe ne peut pas être pris pour modèle.

 

«Ιl nous est nécessaire de savoir comment on attaque un État bourgeois qui, d'une part, a des ressources aptes à corrompre et détourner le prolétariat, de l'autre, se défend sur le terrain de la lutte armée avec plus d'efficacité même que l'autocratie tsariste, n'a su le jaire. Ce problème n'est pas contenu dans l'histoire du parti communiste russe et si l'on interprète la bolchësation dans le sens qu'οn peut demander à la révolution la solution de tous lés problèmes de la stratégie de la lutte révolutionnaire, la conception de la bolchévisation est insuffisante ».

 

« On nous dit que la bonne solution est confiée au rôle dirigeant du parti russe. Mais il y a des réserves à faire là-dessus. Quel est le facteur dirigeant dans le parti russe? Est-ce la vieille garde léniniste? Mais après les derniers événements, il est clair que cette vieille garde peut se diviser; tandis que de divers côtés on invoque, avec tout autant de vigueur, le droit de parler au nom du bolchévis;ne, on accuse les contradicteurs de s'éloigner du léninisme (...) La bonne solution est ailleurs. Il faut se fonder sur toute l'Internationale, sur toute l'avant-garde prolétarienne mondiale. Noire organisation est semblable à une pyramide et elie doit l'ëtre parce que de tous côtés on doit confluer vers un sommet unique. Mais cette pyramide repose sur son sommet et son équilibre est trop instable. Il faut la renverser. »

 

Fonctionnement de l’IC.

 

«À ce propos je n'aurai qu'à répéter ta critique faite plusieurs fois sur la manière d'établir les rapports entre le centre international et les sections, qui est assez artificielle et se base sur des considérations de diplomatie inrieure et, très souvent les exigences de la maneeuvre à type parlementaire au sein de nos réunions internationales.

Rapport Ι C. État russe et révolution mondiale.

 

« Etant donné que la révolution mondiale ne s'est pas encore développée dans les autres pays, il s'agit de conduire toute la politique russe en liaison stricte avec la politique générale révolutionnaire du prolétariat. Je n'entre pas dans ces questions, mais j'affirme que le point d'appui pour cette lutte est certainement, en première ligne, la classe ouvrière de Russie et son parti communiste, mais qu'il est fondamental de s'appuyer aussi sur le prolétariat des Etats capitalistes et sur sa sensibilité de classe, déterminée par des rapports vivants avec l'adversaire capitaliste. Le problème de la politique russe ne sera pas résolu dans le champ clos du mouvement russe; il faut la contribution directe de toute l'Internationale prolétarienne communiste. »

 

À ce propos avant la clôture des travaux du congrès, Bordiga proposa de convoquer un congrès international pour l'été l926 afin de discuter expressement de la question russe.

 

Le fascisme.

Ιl rapelle les critiques qu'il a déjà faires à l'anti-parlement (l'Aventin):

 

«On a contribué à ce que les masses attendent le renversement du fascisme d'une action de l'Aventin. Avec la faillite de celui-ci on n'a pas réalisé, à cause de cette manceuvre, le grand passage des masses sur le front de classe. »

 

D'autre part, l'avènement d'un gouvernement de gauche ne favoriserait pas obligatoirement la lutte révolutionnaire du prolétariat. Ιl donne comme exemple l'Allemagne d'après 18 quand le SPD arriva au pouvoir. C'est donc idiot de vouloir favoriser la venue d'un tel gouvernement et surtout de s'allier aux forces qui tendent à l'instaurer

.

On peut citer encore, en dehors de son discours, des interventions qui éclairent bien sa position.

 

«Je pense que la chasse au fractionnisme continuera et donnera les résultats qu'elle a donnés jusqu'ici. Nous voyons cela dans le parti allemand. Je dois dire que cette méthode d'humiliation est une méthode déplorable, même quand elle est appliquée à certains éléments politiques que j'ai profondément combattus. Je ne trouve pas que ce système d'humiliation soit un système révolutionnaire ».

 

« Ensuite je me suis élevé, dans la commission, contre l'emploi éxagéré de la terreur idéologique, c'est-à-dire contre le fait que dans chaque section on vient devant les membres du rang et, avant de leur avoir expliqué les questions politiques, on leur déclare que s'ils se prononcent contre le contenu politique de ces questions, tel qu'il est formulé par le comité central οu l'exécutif, ils sont des ennemis de l'exécutif, des ennemis du communisme, etc... »

 

« Ιl est désirable qu'il se forme une résistance de gauche; je ne dis pas une fraction, mais une résistance de gauche sur le terrain international contre de pareils dangers de droite, mais je dois dire tout à fait ouvertement que cette réaction saine, utile et nécessaire ne peut et ne doit pas se présenter sous l'aspect de la manuvre et de l'intrigue; sous la forme dé bruits que l'on répand dans les coulisses et dans les couloirs. »

 

Cette position est assez semblable à celle du KAPD lors du IIIe congrès qui voulait lui aussi créer une opposition loyale au sein de l'IC afin de faire entendre les positions de la gauche. Le KAPD fut finalement exclu; de même Bordίga.

 

Le discours de Bordiga et ses interventions sont en quelque sorte son chant de cygne, avant qu'il ne se retire de l'activité révolutionnaire publique..: jusqu'à la fin de la guerre mondiale.

 

28.l0.l926. Lettre de Bordià Korsch. Ιl refuse de collaborer à la formation d'une organisation internationale, en dehors de PIC.

 

1930. Bordiga est expuldu PCdpour avoir pris la défense de Trotsky. Désormais il se retire totalement. Cette défense du chef de l'opposition de gauche est en définitive son dernier acte «politique» au cours de la période l926-l944. Ιl n'aura aucun contact avec le courant qui se réclame pourtant de lui, la fraction de la gauche italienne qui s'est constituée en tant que telle en l927 à Pantin, d'abord à l'intérieur du PCd'Ι, puis en tant que fraction indépendante en l935.

 

 

REMARQUES

 

 

l - Après l945 Bordiga faisait remarquer qu'il aurait mieux valu laisser le PSI se déconsidérer en faisant l'union sacrée. Ιl n'aurait pas pu ensuite, en l9l9, se prévaloir de son attitude durant la guerre pour tendre le piège éléctoral aux masses prolétariennes.

 

2 - En l945 Bordiga accepte les élections tandis qu'en l95l il les refuse; mais il conserve son lien au léninisme et à la ΙΙΙe internationale en affirmant que le parti communiste internationaliste dérive du parti de Lίvourne et n'est pas une émanation de la fraction abstentionniste. En revanche, plus tard, sur la fin de sa vie, il affirme que le courant de la gauche communiste commence à Bologne et non à Livourne et rappelle qu'une rupture aurait pu avoir lieu en l920. En définitive l'abstentionnisme et le heurt avec Lénine au IIe congrès demeurent comme une obsession dans toute la